Jumièges

Son port,les possessions portuaires de l'abbaye à travers le temps.

 

Vue aérienne de Jumièges avec au fond la seine

Les origines

Le village de Jumièges se situe dans la vallée de la seine à l’intérieur d’un méandre long et étroit, bien orienté, Il est dominé au nord est par un plateau qui fut recouvert par une immense forêt. Au sud ouest, le long du fleuve s’étendaient des prairies recouvertes de temps à autres par les fortes marées.
Dés l’âge de bronze, la presqu’ile de Jumièges est déjà habitée, ses habitants y élèvent un fossé défensif ce qui avec la présence de la seine les préservent des nombreuses intrusions extérieures, cindres, teutons, saxons Bretons (forêt de Brotonne), etc.. .

A l’âge de fer, les gaulois renforcent cet oppidum. Le commerce maritime "au long court" existent déja puisque qu'ils commercent notamment avec l’Angleterre en  important du cuivre, du fer du  charbon et de  l’étain.
A cette époque, il existait un passage d’eau. Les voyageurs qui avaient à passer le fleuve entre Rouen et la mer préféraient passer au port de Jumièges pour la sécurité de la traversée à cet endroit, les courants y étant assez faible, condition également favorable au mouillage des barques et nefs. Le passage d’eau se doubla très tôt d’un port et d’un chantier naval, les forêts alentours fournissant le bois indispensable à la construction des navires.

Jumièges est le type parfait des premiers ports. « nostrum portum de Gemmetico.... portarius portus de Jumegiis » (1), peut-on  lire dans de nombreuses chartres et fut dés sont origine fut un centre commercial important.

A l’époque Romaine, ceux-ci construisirent un castrum (château fort) qui leur servait à défendre le cour supérieur de la seine des ravages des mêmes saxons et autres Bretons.
Le castrum de gemeticum (vieille appellation celtique signifiant sans doute carrefour ou bifurcation d’où le non de génétique et Jumièges) servi pendant plusieurs siècles pour faire face aux incursions des nombreux peuples barbares qui désolèrent maintes fois la contrée, il fut remplacé à l’époque de saint philbert  par une église.

L'’abbaye fondée en 654 par saint Philibert possédait à ses pieds (à 200 pas) un port en eaux calmes protégé du mascaret par une courbure de la seine. Le long de celle ci existaient des jetées ou Kay ou devaient s’amarrer des barques de pécheurs de seine mais aussi des nefs équipées pour la haute mer, Le port d’en face de Loguim (le landin aujourd’hui)  était lui par contre exposé.

Des flottilles de commerce et de pêche équipées pour assurer le ravitaillement en blé, vin, sel, poisson sans oublier l’huile de « craspois » utilisée pour l’éclairage des maisons venaient de toute l’Europe y faire commerce, des cargaisons d’huile de cétacé venaient dés 670 de Bordeaux par mer. Ces denrées étaient ensuite acheminées vers l’intérieur des terres,
Les navires Anglais Irlandais ou Bretons apportent cuirs ou étoffes, ils rentrent chez eux avec du blé, des bestiaux et du vin du Conihout fort réputé à cette époque.

L’abbaye sous l’impulsion de  Saint Philbert (654, 676) envoya des moines sur des navires marchands ou sur des nefs équipées  par leurs soins ayant  pour mission de prêcher l’évangile et de racheter des captifs chrétiens dans les pays païens (Bretagne, Irlande, Angleterre, Frise et peut être plus loin vers le sud en direction du Portugal de l’Espagne ou pourquoi pas sur les cotes de Barbarie actuelle l’Afrique de l’ouest). Ils avaient aussi pour mission de réaliser d’intéressantes opérations commerciales.
Les premiers abbés faisant battre monnaie, nous pouvons nous donner une idée de ce que fut la puissance commerciale de l’abbaye à ses débuts.

L'abbaye de Jumièges en 1678


La navigation apostolique cessera vite, la navigation de commerce ne cessera que beaucoup plus tard.
Pour réaliser tout ces voyages, les moines durent engagés bien des villageois de Jumièges, hardis marins habitués aux eaux de la seine et aux flots de l’océan.
Les vers suivant semblent prouver que Jumièges aurait été port un d’atterrissage et d’armement.  

De mer resunt entrez en Seine,
Tresqu’a Gimeges unt siglé;
La sunt venus et arrivé ;
Leur navire unt r’appareillé,
Qui auques estoit empeiré (2)

Possessions fluviales et privilèges de l’abbaye de Jumièges à travers les temps.

Louis le Débonnaire (814- 840) confirme à l’abbaye de Jumièges ses droits de libre navigation des denrées et marchandises sur la seine, ce privilège était à l’époque très important car l’état des routes et l’insécurité y régnant obligeait à transporter par eau la plus grande partie des choses nécessaires à la vie. A Jumièges, comme dans les autres abbayes, les importations notamment de vins dépassèrent les besoins locaux, aussi  le surplus fut il exporté loin sur la seine et même au delà des mers, vers l’Angleterre ou autres, commerce oblige !!

Guillaume longue épée (910 942) fait don à l’abbaye de Jumièges du port de Quillebeuf port d’attente, port de « posée », avec Saint Aubin de Quillebeuf (3) et des pêcheries situées sur les bancs voisins ainsi que Vieux Port (4).

Le duc Richard II confirme dans la chartre de 1025 les restitutions à l’abbaye de: Jumièges et ses dépendances entre Bliquetuit et l’ânerie et même au delà jusqu’a Yville, Yainville, le Trait, Saint Paul, Duclair, Norville sur la seine, Vieux Port, le bourg de Quillebeuf, Saint Aubin sur Quillebeuf, avec le droit de passage, le Tonlieu et tout ce qui revient au domaine ducal. (5)
La partie du fleuve comprise entre Jumièges et Yville recevra le nom d’aqua die (eau  dieu) suite à ce  don.
Dans la chartre de 1027, il concède Trouville la Haule, (la grange) la possession par l’abbaye de Jumièges de « Portus Tutus » en vieux français port Thuis ou port tuit ou port Twit (6) c'est-à-dire Vieux port, Cette chartre ajoute à la donation du port celle des forêts environnantes, Le port de passage de Heurtauville.(7), des salines d’Honfleur (8) à Leure, situées a proximité de Harfleur (9).

En 1040, Guillaume comte de Talou et d’Arques fait donation à l’abbaye d’une partie de la forêt de Brotonne pour son chauffage mais aussi pour la construction et la réparation de ses navires, ce qui prouve l’existence d’une activité  portuaire complète et importantes.
Les moines pouvaient encore prendre au 16° siècle deux charretées de bois par jour. Ceux-ci possédaient également à Jumièges leur forêt (bois du home).
En 1079 donation est faites aux religieux des droits de pêche de Bliquetuit, (11)

Dans la bulle d’Adrien IV du 26 aout 1156, donation est faite des pêcheries de port noir c'est-à-dire Honfleur (10).

En 1174, Richard de Vernon confirme à Jumièges l’exemption du droit de coutume que lui avait  accordé Hugues de Vernon, son oncle, pour les navires chargés de vin à destination du monastère.

Au XII siècle  les pécheurs des paroisses avoisinantes étaient tenus aux conditions suivantes:
Les pécheurs  d’Anneville ne pouvaient pêcher en seine ni faire sécher leurs filets sur la rive du Mesnil sans acquitter une redevance; ceux de Heurteauville, entre autres corvées étaient tenus de tirer au sec les barques de l’abbaye et de les mettres sur accores ou béquilles lorsqu’elles avaient besoin de repartions, en retour, ils étaient quittes du droit de passage. (12)

La chartre de 1181 confirme les possessions par Jumièges du port de passage du Trait. Les rades de Trouville la Haule, c'est-à-dire de Vieux Port (13).
La chartre de 1225 confirme les droits de l’abbaye de Jumièges sur Vieux port qui à cette époque était port de relâche pour les nefs alors que sa voisine Aizier distantes de 1500 mètres et gérée par l’abbaye de Fécamp était depuis l’époque romaine spécialisée dans le passage du fleuve (14).

Au mois d’octobre 1238, Guillaume de la Houssaye abandonna aux moines de Jumièges moyennant une rente de 40 sols, le droit de heurtage qu’il prétendait sur les navires et bateaux qui se chargeaient et se déchargeaient entre l’eau d’Yville et le port de Jumièges.
Dans une sentence rendue aux assises de Pont audemer en 1260, il est reconnut que l’abbé de Jumièges avait de bon droit saisi les namps des personnes qui pêchaient en l’eau de Jumièges située entre Jumièges et Yville et désignée sous le nom de « l’eau de Dieu ».

en 1254, L’échiquier de Normandie maintient les religieux de Jumièges dans leurs privilèges de faire passer le vin de leur cru par devant la ville de Rouen sans payer aucun droit ni coutume ce qui était un droit considérable.

En 1263, à l’échiquier de Pâque tenu à Caen, Guillaume Crespin, seigneur de Dangu et Jeane sa femme cédèrent aux religieux pour 200 livres tous les droits qu’ils avaient sur la rivière entre Yville et Jumièges.

Une sentence de 1339 obtenue au Châtelet de Paris contre les habitants de Trait ayant pêché dans les eaux de Jumièges reconnait aux Religieux le droit de punir les délits de pêche. (AD SM 9 H 1025). Les  Droit de vicomté sur le port et passage de Jumièges, du Gouffre, de la Roche et de Heurteauville, droit de passage du Trait avec les  droits de pêche. 

En 1412 Quelques particuliers qui prétendaient « droit de heurtage » sur tout les vaisseaux chargeant depuis la fontaine Saint Vast jusqu'au port de Jumièges ainsi qu’un droit nommé « pilage », sur tout le bois de la forêt de Brotonne chargé audit port, consistant en 2 t.d par vaisseau y renoncèrent en faveur des religieux.
En ses derniers temps, les maîtres "de heux", obligés de séjourner en état de « heurtage » dans les eaux de Jumièges payaient 5 s par marée et 10 s pour droit d’amarrage. (15)

A cette époque, Les vassaux de l’abbaye pouvaient seuls, sauf exception, pêcher dans la partie de la rivière qui dépendait de Jumièges. Une fois chaque année tous les pécheurs étaient tenus   de comparaître devant le bailli de la haute justice de l’abbaye, les uns, l’aviron sur l’épaule, les autres, le bâton blanc a la main. Le bailli procédait à leur appel, recevait d’eux 5 sols pour le droit seigneurial de mouillage de chaque bateau et applet, et leur faisait prêter serment de garder et observer les ordonnances du Roi et les chartes de l’abbaye. (AD SM Jumièges).
Les religieux de Jumièges étaient tenus à l’entretien des pieux pour l’amarrage dans les rades de la Baronnie de Trouville. Cet entretien étant coûteux, ils essayèrent de s’en affranchir, mais ils s’y virent contraint en 1738, par un arrêt du parlement.
Les bacs de Duclair, Jumièges, du Gouffre, d’heurteauville et du Trait appartenant aux religieux de Jumièges, à cette époque leurs bacs leur rapportaient plus de 200 livres par an.

 

Vicomté de l’eau

La Vicomté de l’eau est une juridiction qui avait compétence, outre la police des quais, sur la perception des taxes sur les bacs et passages, du hallage au flottage, au voiturage par eau au profit du roi. Elle avait également compétence sur le  règlement des litiges liés au trafic fluvial.

En 1311, un  bureau de la vicomté de l’eau est ouvert à Jumièges, au bout de la neuve quesnaie au « Peel du Kay du Roy ». Toute les marchandises soumises  aux droits de vicomté, chargées au port de Jumièges ainsi que dans les ports entre Jumièges et Rouen, pour être transportées à val devaient payer acquit entre les mains des « fermiers branchiers » ou des collecteurs de la vicomté de l’eau, soit à l’un, soit à l’autre.
Les marchandises embarquées au même endroit, pour aller à mont, s’acquittaient au bureau de Rouen. Pour celles qui ne faisaient que traverser la seine en barques, flettes ou bateaux, il parait, par les dépositions de nombreux témoins, qu’elles étaient affranchies de tout droits de vicomté, et ne payaient que les droits de passages dus au roi et aux seigneurs ou au religieux possédant ces droits.

Dans un Jugement de la vicomté de Rouen session de pâques 1395 nous reprouvons trace d’un chargement de blé à destination de gènes, ce qui démontre que des navires allaient et venaient de fort loin à cette époque.
Le fermier de la Vicomté de l'eau avait touché à Jumiéges la traite foraine de 4 deniers soit 24 francs sur un chargement de blé à destination de Gène. Lors du transbordement de ce blé sur une grande nef mouillée à Leure, « le fermier de la ferme des 4 deniers pour livre des denrées et marchandises traitées et partantes hors des mettes et prevostéz de Harfleu et de Leure pour aller hors du royaume » exigea de nouveau le payement des droits. Le marchand Génois protesta. Il dut s’exécuter. Mais le fermier de Jumièges fut condamné à lui rembourser la somme. E l’on nomma deux arbitres pour décider à quelle caisse serait inscrite la perception : celle de Jumièges ou celle de Leure
Bien entendu, À ces droits de douane se superposaient aux droits locaux .

Le port de Jumièges était très fréquenté, on y expédiait des vins du Conihout, qui malgré leurs mauvaises qualités (les gouts changent en fonction du temps) trouvaient acheteurs en Angleterre et en Flandre. l’année 1407, qui fut appelée l’année des grandes gelées, cinquante deux nefs chargées de harengs, de figues, de vins doux et autres denrées destinées à être vendues de l’autre coté de la seine furent arrêtées par la glace dans la fosse de Leure. Le carême approchait, les marchands pouvaient craindre de manquer l’occasion favorable, les marchandises furent donc transportées par terre, les chariots traversèrent la glace au port de Jumièges.

En 1412, Colin, Pierre et Sylvestre du Dermorat abandonnaient aux religieux de Jumièges leur droit de heurtâge et de chargement des navires depuis le fontaine Saint Vasst tout le long du rivage de port Jumièges et un droit de « pilage » sur tout le bois de la forêt de Brotonne chargés au port de Jumièges.(AD 76. 9H136)

Les religieux de l’abbaye de Jumièges jouissaient aussi du droit de halage et de heurtage, droits qui furent règlements par une ordonnance de Charles VI en 1413


.

Des pistes et chemins destinés au halage des navires de mer et de rivière existaient de tout temps sur les deux rives de la seine. Mais les fluctuations constantes du chenal créaient  d’incessantes difficultés, notamment entre Rouen et la Malleraye et ne rendaient possible la traction à bras d’homme ou par chevaux que d’un seul coté du fleuve, sur la rive droite jusqu'à la Bouille, sur la rive gauche depuis la Bouille, puis sur la rive droite etc., suivant la largeur de seine et le cours du chenal.
 Lorsque, au plein de l’eau, les navires se trouvaient accalminés, en pour toute autre cause, les chevaux venaient au secours de la voile. Bien qu’il soit d’origine très ancienne, ce moyen de traction  ne se trouve réglementé sur la seine que par une ordonnance de 1413, par laquelle Charles VI défend aux riverains d’obstruer les berges et prescrit l’établissement d’un chemin de 26 pieds de large entre Caudebec et Rouen, mais étant donné les fluctuations du chenal, ce chemin de halage passait d’une rive à l’autre, suivant la largeur de la rive. Au droit de halage s’ajoutait généralement celui de « courbage ». Courbage venant de courbe, pièce de bois de forme courbe à laquelle s’attachaient les harnais des chevaux dans les opérations de hallage.

Ainsi Charles d’Etampes rendant aveu le 3 mai 1685 pour sa baronnie de Mauny déclare un droit « de halage et de courbage » sur le bord de la seine, dans l’étendue de sa seigneurie. (AD 76it, B 197).
En 1452, Michel du Busc, ce même fermier, qui plus tard tenta de faire séparer complètement la ferme des quatre pieds de la Vicomté de l’eau de Rouen, s’avisa de contester aux moines de Jumièges le droit de percevoir les coutumes sur les marchandises qui traversaient la seine à leur port. « soubz umbre de ce quil avoit droit de poursuite de l’acquit des denrées et marchandises non acquittées à la Vicomté de l’eau, montans et avalans au long de ladicte rivière de seine, jusqu’au port de Jumièges, à Caudebec et même jusqu'à la mer. (Caudebec était généralement considéré comme limite pour la perception des droits de coutumes. Le Coutumier de la Vicomté déclare que les tonneaux de vins transportes de Villois (Villers) en charrette, sur un point quelconque des rives de la seine, entre Rouen et Caudebec devaient autant que s’il étaient déchargés à Rouen même ».
« Ce ung coustumier fait venir avoir de poix qui doye coustume si tost comme il est venu par eaue jusqu'à Caudebec, il ne le peult na doit faire dechargier devant qu’il n’aura acquitté à la Vicomté de l’eau ».
Il prétendit pouvoir établir à Jumièges un collecteur, une boite et une enseigne à « l’écu de France ». Mais, après un long procès, il fut décidé que le passage de Jumièges ne faisait point partie de la Vicomté de l’eau. (AD 76. Jumièges).
Mais notre abbaye, jouissait en rivière de seine et sur ces rives de droits infiniment plus importants dont voici un bref énoncé.

En 1452 une information est faite concernant les droits respectifs des parties et en particulier ceux des religieux de Jumièges. Ceux ci jouissaient en rivière de seine et sur ses berges de droits très importants:
En la baronnie de Jumièges : Celle-ci comprenait les paroisses de Jumièges, du  Mesnil et Yainville avec la rivière de seine « usque ad filum aquae », les écluses, digues, talus, fossés, ponts, chemins de hallage qu’il fallait entretenir (idem 9 H 126- 127), à l’exception du comté de Tancarville, le domaine des seigneurs riverains de la seine s’étendait jusqu’au fil de l’eau, « usque ad filum aquae » encore appelé le « diep » ou passage ordinaire des bateaux que les pilotes locaux nomment le « seunil » et les feudiste le « chemin du roi ». (AD 76, E 1, comté de Tancarville f° 93 aveu du 28 mars 1526).
Au titre de la baronnie de Duclair: Droit de jaugeage et de mesurage d’eau et de pêcherie, de port et de passage (AD76 9H 553 a 562).
Au titre de la baronnie de Trouville la haule: Droit de pèche à Trouville  et au Vieux Port, entre Lillebonne et quillebeuf, droit d’encrage, d’épave et de varech.
Au titre de la seigneurie d’Anneville sur seine: droit de pêcheries. (Mais aussi de passage, avec haute justice ;( idem, 9 H 707, 733 à 737).
Or ces droits constituaient des liens de dépendance pour les vassaux et tenanciers de l’abbaye, liens en vertu desquels celles-ci faisait exercer ce qu’il est convenu d’appeler la justice féodale, sois pour notre monastère, la moyenne et basse justice, police, sénéchaussée, gruerie et verderie dans l’étendue des baronnies constituant son domaine « avec droit d’établir, sénéchal, sous sénéchal, procureur d’office, greffier, sergent et prevosté ». 

Dans la seconde moitié du XV siècle, les officiers du Roi discutaient à Jumièges la propriété d’un droit de passage au « Kay du Roi » en la paroisse de Landin, vicomté de Pont Audemer. Le fermier de la vicomté de l’eau de Rouen soutenait que le « Kay » se trouvait en dehors du fief des religieux et imposait, pour son propre compte, un double droit aux passants: Si bien que le bac fut bientôt déserté. Information sera faite sur les droits respectifs des parties entre le 10 décembre 1452 et le 6 avril 1453. (Idem. 9 H 126 à 130 et 9 H 161).

Avec les guerres de religion, en 1563, les huguenots mettent l’abbaye au pillage, la peste fait des ravages dans la population, s’ensuit une période de misère affreuse.
Entre 1560 et 1570, les navires Anglais capturent les navires Espagnoles et Italiens mais aussi les navires Normands (Prés de 70 navires Francais principalement Normands sont conduits à Douvres)
En 1580, les guerres des ligues apportent leurs lots de calamités, Les années suivantes, la famine et les épidémies réduirent la presqu’ile à une extrême pauvreté.
En 1582, Pour assurer le transport et le ravitaillement de l’expédition navale des Acores, M de Beaumont réquisitionne tous les navires de mer dans les ports de la seine.
En 1585, la peste fauche 1200 paroissiens, la misére est immense, la population réduite à rien.
Enntre 1585 et 1588, la guerre fait rage sur le banc de terre neuve entre Anglais, Espagnol et Français.
C’en est fini de Jumièges en tant que port de mer.

Vers les années 1600, il existait encore au Conihout parmi les Kay longeant la seine un quai "Boutard ou de Boutard".
A Jumièges,  on voyait encore en 1854, sous les arbres fruitiers, à une faible distance du virage, un quai qualifié de jetée, haut seulement de 1 mètre, certainement les restes d’un kai.

A suivre en fonction des mes recherches !!!!

 Bibliographie:

(1). Chartes de  1181- 1190 portant accord entre Amaury comte d’Evreux et Robert IV d’Argences, abbé de Jumièges. Charte de l’abbaye de Jumièges, publiée par J-J Varnier, op cit L p 60 à 61. A  remarquer que le terme portarius portus semble s’appliquer chaque fois, que dans le texte il y a juxtaposition de choses maritimes et de choses agricoles (garbas, granchia, porcos, etc).
(2). Chronique des Ducs de Normandie, édit E Michel 1835 à partir du vers 1898, in R de Maulde, une vielle ville Normande, Caudebec en Caux, 2° édition, 1879, 134 p)
(5). « id est Gemmeticum er quicquid ibi pertinere vinetur, cum…aquis aquarumve decurcibus et piscariisa loco qui dicitur belloguetuyth usque ad Josephsartum in parte ca quoi monastéruim situim est, ultra véro asque ad Vuitvillam restituit quoque euvenvillam et masville  quod dicitur  Tructus et Davidvillam er Durclerum cum oronibus appendisiis suis, et molendinie, et ipso aque decursu, et piscariis ad intregrom .. Nidrivilam super sequane fluvium cum omnibus appendisiis suis portum in suivi  sequane qui dicitur Tutus, burgum quoque qui dicitur cheliboci  et Vuamburgum com eccleslis et porto et telonco et quicquid ex hiis ad flecum nosturm pertinere polest… concedo etiam… Turolvillam cum omnibus appendisiis dis »  (receuil de sactes des  ducs de Normandie n° 36).
(6). Chartes de Richard II, août 1027 (Portum in fluvi Sequanae  qui dicitur Tutus). Bulle d’Adrien IV ; août 1156 déjà cité (Partum qui dicitur Tutus).
(3). Chartes de Richard II, août 1027, Chartes de Jumièges op, cit. p 34 « burgum quoque qui dicitur Cheliboy et Vuamburgum eum éccléstis et portu et thefoneo.. » Canel A. Essai archeo et statistique sur l’arrondissement de Pont Audemer, in 8°, 2 vol, 1833-1834, 454 et 508 p ; II, p 9
(4). On lit dans les chartes, tantot « Vetus Portus, tantôt Portus Tutus, tantôt Portarius Portus de Curtavalle ou port de Courval ». et désigne Vieux Port et non Aizier .
(7). Charte de 1027 ; Charte de Jumièges, p35) le bac de Duclair (Beaurepaire C op, cit, p 186),
(8). (Charte de 1027 ; Charte de Jumièges. I, p 40)
(9). (10). Bulle d’Adrien IV, 26 août 1156,
(11). charte de 1080, charte de Jumièges, I, p 94
(12). Dom A Levasseur, l’état dieu à Jumièges, ds Jumièges, congrès scientifique du XIII centenaire Rouen, 1955, p 238, Au XVII et XVIII siècle, l’abbaye sera en procès avec les Sieurs Mouret, patrons honoraires de la paroisse et les habitants de Berville et Anneville, à propos de ces droits de pêche. AD seine marit 9 H 736.
(13). Charte de 1181 1190 ; charte de Jumièges op, cit, I, p, 60 -61, (Vieux Port était compris dans la baronnie de Trouville la Haule. Charte de Guillaume le conquérant, 1080, in. A le Prévost op, cit, p 134. Turolvillam cum omnibus appenditiis suis et écclesia et silva cuse est a portu qui dicitur Tutus. Bulle d Eugéne III, 13 avril 1147, Charte de Jumièges, op., cit., I p 172 ; Portum quem habetis in Halvilla, portum qui dicitur Tutus cum hominibus et appenditiis suis 
(14). La charte de 1225 concernant l’église Saint Michel du Vieil Ports précise : « de Veteri Portu seu de tuto portu exdo no Guillelmi filli Rollonis » est il donc téméraire de poser : Port Twit = Vieux Port? L’instance qui a déclenché le procès ne vise que « Portus de Curtavalle », mais tout désigne Vieux Port. D’autre part, une note marginale d’un cartulaire identifie Courval avec « Portus Tutus ». (Jumièges cart. C, fol. 8, V, Charles de Jumièges op. Cit, p34).Or « Portus Tutus » est Vieux Port. Il y a plus. Le chartrier d’Etelan nous révèle que le seigneur du lieu « avait alors…en 1497 pour le port de Courval autrement dit de Thuit, le droit de descentes sur toutes les terres d’environ. (Beaurepaire C ; De la vicomté de Rouen et de ses eau).Donc Courval est Vieux Port coutumes au XII siècle in- 8° 1856 ,518 p, p 190- de Blosseville, dictionnaire topographique de l’Eure, art, Vieux port, Courval- Carpillon et Caresne (abbé), dictionnaire histo in°4 de l’Eure 1868. Au XV siècle le terme : Port de Courval est encore employé par Pierre Cochon,… et repassa la seine au port de Courval à bien XVe chevaux, premier jour de juillet CCCCXI. Chronique normande de P Cochon notaire apostolique a Rouen, publié par C de Robillard de Beaurepaire. Soc histo de Normandie 1870 page 250. L’importance de ce transport désigne un port de quelques ampleurs).
(15). En 1412, Colin, Pierre et Sevestre du Demoral délaissaient à Jumièges leur droit de heurtage et de chargement des navires, depuis la fontaine Saint Vaast, tout le long du rivage de port Jumièges. AD seine marit 9 H136.